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Articles

Mon année cinéma 2018

" Le cinéma substitue à notre regard un monde qui s'accorde à nos désirs "

Quoi de plus réjouissant que l'année qui vient de s'écouler en terme de productions cinématographiques. Le cinéma est un art majeur, un langage qui permet de sortir de l'objectif purement divertissant pour en faire parfois une arme et servir un propos engagé, militant. Pour ceux qui me connaissent, ils s'étonneront de ne pas voir dans mes films préférés de l'année le fameux et très attendu "Bohemian Rhapsody"...et bien sachez qu'en tant que mordue de QUEEN depuis que j'ai l'âge de 10 ans (ce qui fait mine de rien presque trois décennies), le simple visionnage de la bande-annonce m'a conforté dans l'idée qu'on ne peut faire un biopic d'un si grand artiste sans tomber dans des travers et autres caricatures! Je ne peux non plus envisager l'idée de voir Freddie Mercury interpréter par un comédien (Rami Malek) qui, si talentueux soit il, don…
Articles récents

Ma petite sélection de la rentrée littéraire 2018

Parmi la multitude de romans qui sortent chaque année lors de la rentrée littéraire, j'ai choisi une toute petite sélection de 7 livres :

- ARCADIE, Emmanuelle Bayamack-Tam, P.O.L.
- DIX-SEPT ANS, Eric Fottorino, Gallimard.
- KHALIL, Yasmina Khadra, Julliard.
- EINSTEIN, LE SEXE ET MOI, Olivier Liron, Alma éditeur.
- TENIR JUSQU'A L'AUBE, Carole Fives, l'arbalète Gallimard.
- LE MALHEUR DU BAS, Inès Bayard, Albin Michel.
- VIVRE ENSEMBLE, Emilie Frêche.

Cette sélection ne s'est pas faite par hasard mais bien au gré des avis lus dans les journaux ou entendus dans des émissions radio de grande qualité. Sur les sept romans lus, six sont d'excellentes lectures voire des coups de coeur et un est une grande déception voire une des arnaques littéraires de cette rentrée.
Je vais donc commencer par cette immense déception que fut la lecture du livre de Olivier Liron, dont il me semble que "Einstein, le sexe et moi" est le deuxième roman, en espérant qu'il…

Ce que je pense de la palme d'or 2018

Une affaire de famille, Hirokazu Kore eda, palme d'or 2018.

Sorti en salle le 13 décembre, le film de Kore Eda qui a été récompensé par la palme d'or au festival de Cannes en mai 2018 s'inscrit une nouvelle fois dans une thématique que le cinéaste japonais explore depuis de nombreuses années, à savoir le lien familial. 
Chronique sociale quasi documentaire du quotidien d'une famille de laissés-pour-compte, ce film dresse un portrait critique d'une société japonaise qui entretient la fiction d'une société où aucune partie de la population ne vit dans l'indignité et nous laissant croire ainsi à une société faite d'une unique et uniforme classe moyenne, moralement irréprochable. Parallèlement à ce propos, Kore Eda nous invite dans une famille atypique et  bouscule l'institution sacrée qu'est la famille au Japon. Ce que cette famille a d'atypique est qu'elle est composée d'individus qui se sont choisis et remet en cause la validité des lien…

Les choses, Georges Perec

"D'autres fois, ils n'en pouvaient plus. Ils voulaient se battre et vaincre. Mais comment lutter? Contre qui? Contre quoi? Ils vivaient dans un monde étrange et chatoyant, l'univers miroitant de la civilisation mercantile, les prisons de l'abondance, les pièges fascinants du bonheur. Où étaient les dangers? Où étaient les menaces ? Des millions d'hommes, jadis, se sont battus, et même se battent encore, pour du pain. Jérôme et Sylvie ne croyaient guère que l'on pût se battre pour des divans Chesterfield".

A travers ce cours extrait, le ton du roman est donné. Un jeune couple qui confond richesse et quête du bonheur; la publicité, les étalages nous envahissent, nous polluent même et entretiennent une frénésie, un vertige, et nous ne pouvons détourner le regard, parce que l'idée se glisse insidieusement dans notre esprit, que pour être heureux il faut "posséder, avoir". Que faire face à ce vertige ? Georges Perec pose la question et se gard…

Amy Winehouse ou le destin tragique d'une artiste hors du commun

Amy WINEHOUSE, No limits, Pascal Louvrier, éditions l'Archipel, en librairie depuis le 27 septembre 2018*.
Aujourd'hui le nom de Amy Winehouse (1983-2011) est associé au "club des 27", autrement dit à ces grands artistes fauchés en pleine gloire à l'âge de 27 ans : Kurt Cobain (dont je raffolais à l'adolescence), Jim Morrison, Janis Joplin, Jimi Hendrix...ils ont tous en commun d'être des artistes complets, chanteurs, musiciens, compositeurs mais également d'avoir eu de sérieuses addictions et d'avoir été en prise avec un mal-être qui précipitera leur déchéance et mettra un terme à une vie qui semblait artistiquement prometteuse. Amy Winehouse aura su, en moins de dix ans et grâce à une maturité remarquable pour son jeune âge, conquérir un public et prouver sa stature d'immense artiste adoubée par les grands et notamment Tony Bennett, une de ses idoles. Les tabloïds ne l'auront pas épargnée, et ni son entourage ni l'amour ne parviendr…

A qui je décernerais le prix Nobel de littérature ?

Comme vous le savez cette année la remise du prix Nobel de littérature n'aura pas lieu et a été reportée en raison d'un scandale (de moeurs ?) impliquant l'époux d'une des membre du jury. Il y a bien de grands écrivains vivants que je verrais auréolés de ce prestigieux prix, je citerai par exemple Joyce Carol OATES qui a consacré sa vie entière à l'écriture et qui, à 80 ans, mériterait bien cette consécration; je reviendrai bien sûr prochainement sur cette grande écrivaine américaine dont la lecture m'apporte mille satisfactions.
Cela étant dit, mon prix Nobel (non vivant) à moi pour 2018 c'est Romain Gary (Roman Kacew de son vrai nom, 1914-1980). Il serait présomptueux de ma part de vouloir écrire une chronique dont les mots seraient à la hauteur de ce génie de la littérature et qui puisse exprimer le plus justement possible le ravissement que me procure la lecture des romans de cet immense écrivain. La perfection de ses phrases, la profondeur de sa pensé…

Paris en poésie...

"Dans les veines de Paris j'ai coulé pas à pas,
J'ai glissé mon ennui où tu n'étais pas.

Sur les quais de sa Seine j'ai saigné tout bas, 
Ettouffée par sa foule, tu ne m'entendais pas.

Dans la moiteur de Paris j'ai suivi les ombres,
Sous les portes cochères hurlé dans la pénombre,
Dans ses églises orphelines cherché la lumière
Traînant mes journées, perdue aux lisières.

Sous le crépuscule de Paris il est des âmes renversées
Qui sous ses ponts crasseux 
Viennent leurs amours fossoyer."

Chadia S.