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Articles

Les Misérables, Ladj LY ... véritable uppercut!

Comment parler de banlieue, de jeunes, de misère sans tomber dans le manichéisme ? 
De retour sur ce blog après plusieurs mois de veille (et je m'en excuse), il est urgent de vous parler de ce film "coup de poing" qui a reçu le prix du jury lors du dernier festival de Cannes. Depuis "la Haine" de M. Kassovitz en 1995, aucun film sur la banlieue n'avait permis de faire un constat aussi terrible de la réalité des quartiers populaires, véritables territoires oubliés (plus que perdus) de la République. La Haine restait jusqu'à présent une référence indépassable; or aujourd'hui, Les Misérables s'impose comme une oeuvre magistrale dont le propos/le discours détonnant est servi par des moyens cinématographiques qui restituent avec nuance et âpreté le vécu de ces jeunes de cités.  Dans ce film qui raconte l'enfance, les parents "référents d'éducation" sont peu présents, et plutôt que de parler de véritable démission de leur part, j'o…
Articles récents

Parents, vos droits vos obligations

Parents, vos droits vos obligations, Jean-Pierre Rozenczeig et Pierre Verdier, éditions de l'archipel 2019.

Être parent est un métier que l'on découvre au moment où on le devient; pas de notice, pas de guide, une certaine dose de bon sens, de patience, l'éducation que l'on a soi-même reçue peuvent nous aider dans cette tâche.  Loin de moi l'idée de me défausser des responsabilités qui m'incombent en tant que parent et en tant que mère et d'arrêter ma compréhension de cette mission hautement sensible à ce que je vois et entends...et à l'injonction qui nous est parfois assénée sur un ton accusateur "nul n'est censé ignorer la loi", qui demeure assez flou quand cette notion n'a pas fait l'objet d'un enseignement et qu'en dehors des critères moraux, on oublie souvent que l'éducation/le rôle de parents est encadré par la loi. Chacun clame toujours haut et fort ses droits, mais qu'en est-il de ses devoirs ?
Ce livre sera…

Cinéma : Le nouveau film de Jordan Peele

Après l'immense succès de GET OUT en 2017, l'Américain Jordan PEELE revient avec US un film d'horreur qu'il a écrit, produit et réalisé; en salles depuis le 20 mars.

Synopsis :

De retour dans sa maison d’enfance, à Santa Cruz sur la côte Californienne, Adelaïde Wilson a décidé de passer des vacances de rêves avec son mari Gabe et leurs deux enfants : Zora et Jason. Un traumatisme aussi mystérieux qu’irrésolu refait surface suite à une série d’étranges coïncidences qui déclenchent la paranoïa de cette mère de famille de plus en plus persuadée qu’un terrible malheur va s’abattre sur ceux qu’elle aime. Après une journée tendue à la plage avec leurs amis les Tyler, les Wilson rentrent enfin à la maison où ils découvrent quatre personnes se tenant la main dans leur allée. Ils vont alors affronter le plus terrifiant et inattendu des adversaires : leurs propres doubles.

Quand un réalisateur fait une entrée remarquée et saluée dans le monde du septième art, il est de coutume de…

CESAR 2019 / le meilleur film

Et le césar du meilleur film est attribué à "JUSQU'A LA GARDE" de Xavier LEGRAND. film sorti sur les grands écrans le 08 février 2018, il a tout de suite emporté l'adhésion et l'enthousiasme des critiques et des cinéphiles. Le film a également remporté le lion d'argent à la mostra de Venise ainsi que le prix des auditeurs de France inter (il faut bien dire que les prix du public ne concernent pas uniquement les navets qui ont fait plusieurs millions d'entrées mais j'y reviendrai plus bas).
Synopsis : 
"Le couple Besson divorce. Pour protéger son fils d'un père qu'elle accuse de violences, Miriam la mère demande la garde exclusive. La juge en charge du dossier accorde une garde partagée au père qu'elle considère bafoué. Pris en otage entre ses parents, Julien va tout faire pour empêcher que le pire arrive."
Le ton est donné et pour un premier long métrage, Xavier LEGRAND frappe très fort, non seulement sur le sujet abordé qui est …

Mon année cinéma 2018

" Le cinéma substitue à notre regard un monde qui s'accorde à nos désirs "

Quoi de plus réjouissant que l'année qui vient de s'écouler en terme de productions cinématographiques. Le cinéma est un art majeur, un langage qui permet de sortir de l'objectif purement divertissant pour en faire parfois une arme et servir un propos engagé, militant. Pour ceux qui me connaissent, ils s'étonneront de ne pas voir dans mes films préférés de l'année le fameux et très attendu "Bohemian Rhapsody"...et bien sachez qu'en tant que mordue de QUEEN depuis que j'ai l'âge de 10 ans (ce qui fait mine de rien presque trois décennies), le simple visionnage de la bande-annonce m'a conforté dans l'idée qu'on ne peut faire un biopic d'un si grand artiste sans tomber dans des travers et autres caricatures! Je ne peux non plus envisager l'idée de voir Freddie Mercury interpréter par un comédien (Rami Malek) qui, si talentueux soit il, don…

Ma petite sélection de la rentrée littéraire 2018

Parmi la multitude de romans qui sortent chaque année lors de la rentrée littéraire, j'ai choisi une toute petite sélection de 7 livres :

- ARCADIE, Emmanuelle Bayamack-Tam, P.O.L.
- DIX-SEPT ANS, Eric Fottorino, Gallimard.
- KHALIL, Yasmina Khadra, Julliard.
- EINSTEIN, LE SEXE ET MOI, Olivier Liron, Alma éditeur.
- TENIR JUSQU'A L'AUBE, Carole Fives, l'arbalète Gallimard.
- LE MALHEUR DU BAS, Inès Bayard, Albin Michel.
- VIVRE ENSEMBLE, Emilie Frêche.

Cette sélection ne s'est pas faite par hasard mais bien au gré des avis lus dans les journaux ou entendus dans des émissions radio de grande qualité. Sur les sept romans lus, six sont d'excellentes lectures voire des coups de coeur et un est une grande déception voire une des arnaques littéraires de cette rentrée.
Je vais donc commencer par cette immense déception que fut la lecture du livre de Olivier Liron, dont il me semble que "Einstein, le sexe et moi" est le deuxième roman, en espérant qu'il…

Ce que je pense de la palme d'or 2018

Une affaire de famille, Hirokazu Kore eda, palme d'or 2018.

Sorti en salle le 13 décembre, le film de Kore Eda qui a été récompensé par la palme d'or au festival de Cannes en mai 2018 s'inscrit une nouvelle fois dans une thématique que le cinéaste japonais explore depuis de nombreuses années, à savoir le lien familial. 
Chronique sociale quasi documentaire du quotidien d'une famille de laissés-pour-compte, ce film dresse un portrait critique d'une société japonaise qui entretient la fiction d'une société où aucune partie de la population ne vit dans l'indignité et nous laissant croire ainsi à une société faite d'une unique et uniforme classe moyenne, moralement irréprochable. Parallèlement à ce propos, Kore Eda nous invite dans une famille atypique et  bouscule l'institution sacrée qu'est la famille au Japon. Ce que cette famille a d'atypique est qu'elle est composée d'individus qui se sont choisis et remet en cause la validité des lien…